Musique

Renaissance amoureuse - Madrigaux de Bernardo Pisano à Monteverdi | Ensemble La Sestina

| Musique | Classique / Baroque

Six chanteuses et chanteurs, un luthiste et un chef

L'Ensemble La Sestina interprète un programme de madrigaux de la Renaissance, un concert à découvrir le 18 octobre 2020 à l'Église de Villamont, Lausanne.

Ce programme est consacré au madrigal du XVIe siècle, l'un des genres les plus importants de la Renaissance. La mise en musique du texte s'y traduit par une invention de procédés musicaux visant une expressivité exacerbée.

Dopé par une imprimerie musicale en plein essor et un public avide à la fois de pièces connues et de nouveaux répertoires, le madrigal italien du XVIe siècle a connu une formidable fortune. Les compositeurs nous ont laissé environ quarante mille pièces et, parmi elles, quelques merveilles! De fait, le madrigal est un maillon essentiel de la révolution musicale qui débouche sur la musique baroque au début du XVIIe siècle.

Dans ce programme, La Sestina présentera un choix représentatif de ce passionnant parcours au travers de la thématique amoureuse. Six chanteurs et chanteuses se produiront a cappella ou accompagnés d’un luth.

Trois parties composeront le programme. Quelques musiciens importants des débuts de l’histoire du madrigal seront à l’honneur dans la première. De Bernardo Pisano, ami de Michel-Ange, nous donnerons Chiare, fresche, e dolci acque à 4 voix, sur un texte de Pétrarque. Du Français Philippe Verdelot nous chanterons Quanto ahi lasso à 5 voix.

Le septentrional Jacques Arcadelt s’inscrit dans la filiation de Verdelot. Publié dans son Premier livre de madrigaux à quatre voix (1539), Il bianco e dolce cigno est une des pièces les plus appréciées du siècle, peut-être à cause de son poème à connotation érotique.

Avec Cipriano de Rore, principalement actif à Ferrare, le madrigal se dirige vers une expressivité plus exacerbée et basée sur le contraste d’images opposées. Basé sur un sonnet de Giovanni della Casa, O sonno à 4 voix rend sa thématique nocturne au travers d’une écriture musicale statique, mais truffées d’audaces harmoniques.

La troisième partie du programme sera dédiée à des pièces de compositeurs majeurs de la seconde moitié du siècle. Roland de Lassus a déployé son goût pour les œuvres d’une certaine ampleur en mettant en musique plusieurs sestines (pour rappel un poème de six strophes de six vers et une demi-strophe). Publiée en 1563, Non ha tante serene stelle joue avec les effectifs vocaux au fil des strophes.

L’œuvre madrigalesque de Carlo Gesualdo, bien connue des compositeurs du XXe siècle, emprunte une voie toute personnelle d’une audace inouïe. Languisce al fin à 5 voix est tiré de ce qui constitue peut-être son chef-d’œuvre, le Cinquième livre de madrigaux de 1611.

C’est dans les années 1590, alors à Mantoue, que Monteverdi met au point un langage madrigalesque absolument original et d’une puissance d’expression inégalée. Extrait du Quatrième livre et basé sur des poèmes de Giovanni Battista Guarini, Anima mia perdona à 5 voix est composé de deux parties.

Le programme se conclura par Vivrò dunque lontano à six voix de Luca Marenzio. L’œuvre, d’une grande beauté sonore, se déploie dans un climat apaisé.

Au centre des concerts figureront des pièces plus légères. Nous proposerons au public l’introduction des Balletti a cinque voci con li suoi versi per cantare, sonare e ballare de Giovanni Gastoldi, publiés en 1591. Ce recueil d’œuvres vocales extrêmement plaisantes a connu le succès jusqu’en Angleterre.

Da poi che tu Crudel à 3 voix du peu connu Giovanni Leonardo de L’Arpa est une pièce strophique enjouée à la prosodie syllabique. Enfin, de Roland de Lassus, nous chanterons la célèbre et comique moresque Chi chi li chi à 6 voix.

Des pièces de luth compléteront le programme.


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